02/03/2009

LE THON ROUGE, IL FAUDRAIT TOUS EN ROUGIR

LE THON ROUGE, IL FAUDRAIT TOUS EN ROUGIR!

Au risque d'être taxé par certains comme quelqu'un qui rabache tout le temps les mêmes histoires, me revoici pour la enième fois au sujet du thon rouge.

Vous le savez, j'adore le goût de ce poisson, j'ai même déjà publié deux recettes réalisé avec ce poisson. Mais, dommage, grand sacrifice pour le gastronome en moi, mais je banis ce poisson (en tout cas je vais éssayer) de mon alimentation. En tous les cas, tant que la situation subsiste comme elle l'est actuellement. Ce n'est pas bien grave, car si le compte des experts est correcte, dans 3 à 5 ans il en sera fini du thon rouge sauvage, et peut-être même du thon rouge tout court. Je ne prends donc qu'une petite avance sur les autres. Je serai déjà habitué à vivre sans, alors que vous serez seulement en deuil.

Il est tout de même temps de stopper cette hémoragie. Même les professionels du métier s'en rendent compte. Je vous mets ici un copier-coller d'un article que j'ai trouvé dans un magazine professionel pour les cuisiniers belges. Celà pose bien le problème, il me semble!

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Quel poisson?

Bon nombre de chefs ne semblent pas comprendre que nous sommes en train de nous forger une réputation de criminels environnementaux en termes de sélection de poissons.

Tout récemment encore, un groupe d'experts du CICTA, Comité International de Conservation des Thonidés de l'Atlantique, a demandé l'interdiction immédiate de pêcher le thon rouge. Au lieu du quota de 29.500 tonnes imposé à la mer Méditérranée et à l'Océan Atlantique pour 2007, 60.000 tonnes ont été officiellement pêchées. Sans compter le braconnage, qui doit probablement encore gonfler ce chiffre. Les Japonais fournissent des efforts particulièrement importants dans ce domaine. Pour éviter l'extinction de cette espèce, ils auraient en fait limité la pèche du thon rouge à 15.000 tonnes.

Pendant ce temps, en France, les chaînes de magasins Auchan et Casino ont carrément stoppé la vente de thon rouge. Et ce n'est pas tout: le Prince Albert II de Monaco a demandé officiellement aux restaurateurs de la principauté de ne plus inscrire de thon rouge au menu, et de fait, cet été, pas un seul steak de thon rouge, pas un seul tartare de thon rouge n'a été servi.

J'ai visite derbièrement le port de pêche de La Turballe, sur la côte Atlantique française, dans le département de Loire-Atlantique. Ce port est connu pour ses sardines et ses anchois. Or, les bateaux qui pratiquent normalement la pâche sur ce port sont au chômage depuis plus d'un an. Motif: ces poissons ont été tout simplement décimés. Résultat: chômage massif. C'est le même sort qui attend les thoniers.

L'exemple de la France est loin d'être isolé: dans nos ports aussi, les soles vendues sont totalement en-deçà du format légal, et les restaurants en servent en veux-tu en voilà.

CUISINIERS RESPONSABLES ET ALTERNATIVES

Les chefs portent dans ce domaine une lourde part de responsabilité: sous pretexte que seul le poisson sauvage mérite sa place à table, ils contribuent effectivement à l'extinction des espèces de poissons menacés. Si nous continuons ainsi, c'est bien simple: dans trois à cinq ans, il n'y aura plus de thon rouge. Or, ce sont ces mêmes chefs qui devront jouer un rôle-clé et apprendre au consommateur que l'on peut aussi faire de l'excellente cuisine avec d'autres espèces non menacées. Pensons notamment au jeune maquereau, au maigre (qui a entre-temps fait aussi son apparition sur les cartes des meilleurs restaurants français), à la lingue, ... C'est ainsi que Le Relais Du Parc, restaurant du Renaissance Hôtel appartenant au groupe d'Alain Ducasse, a rayé le thon rouge de sa carte.

La pêche de poissons sauvages est toujours autorisée, à condition de respecter des calibres minimum, ainsi que les périodes de frai et de migration. Peu à peu, les poissons pêchés selon ces principes se voient dotés d'un label, et en Angleterre, la vente de poissons portant le label du Marine Stewardship Council est devenue un must.

Reste bien sûr le poisson d'élevage. Pour les coquillages et crustacés, les huîtres, les moules et autres produits de la mer, la culture est déjà bien ancrée dans les moeurs. Celle du turbot engrange des résultat toujours plus satisfaisants et le saumon d'élevage est une denrée désormais répandue. Aujourd'hui, il n'est plus nécessaire d'habiter près de la côte pour pratiquer la pisciculture. Aux Pays-Bas, bon nombre de fermiers ont liquidé leurs porcheries polluantes pour élever des poissons dans de grandes cuves en béton, et ce jusque dans les provinces de Noord-Brabant et de Limburg.

Cette activité fait également naître le besoin d'en apprendre davantage sur ces poissons, car il s'agit de spécimens exotiques se nourissant de plantes, encore méconnus de nos cuisines. Voilà une belle mission pour les écoles hôtelières et autres instituts de formation: apprendre à leurs étudiants comment s'y prendre avec ces poissons.

Soyons clairs: qu'on le veuille ou non, seul le poisson d'élevage pourra offrir à long terme une sollution à la demande d'une population mondiale en croissance exponentielle. Les chefs qui continuent à ne jurer que par le poisson sauvage sont des barbares de l'environnement. Imaginez que l'on ne consomme plus que la viande d'animaux sauvages tel que buffles et bisons: trouverions-nous encore beaucoup de steaks sur nos assiettes?

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Cet articile pose très bien les différents problèmes. Ma sollution, et je sais qu'elle est très simpliste:

1. Arrêter de pêcher certains poissons pendant quelques années dans toutes les mèrs du monde avec un réelle chasse aux braconniers et amandes importantes.

2. Favoriser les mêmes poissons en élevage, en reversant une partie des plantureux bénéfices aux pêcheurs au chômage.

3. Reprise d'une pêche résonnée après plusieures années.

4. Pendant plusieures années, favorises des variétés de poissons dont les stocks sont encore loin d'être épuisés, tel que le maquereau.

Et surtout mes amis, faites moi plaisir, boycottés le thon rouge sur vos blogs et dans les diners au restaurant.

Merci pour votre attention,

00:59 Écrit par Mark | Lien permanent | Commentaires (12)

Commentaires

Bravo Enfin je lis quelqu'un qui a la même attitude que moi , ouf! je me croyais une bête à part
OUI il faut boycotter le thon rouge et tout abus de consommation au détriment de la nature
Bravo pour le dire tout haut
Bonne continuation

Écrit par : mh | 02/03/2009

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j'en parlais aussi récemment sur mon blog.je ne mange plus du thon rouge depuis longtemps et j'évite de manger des poissons dont l'espèce est en danger. les chaines de restauration rapide de sushis (tenus par des non japonais la plupart du temps) font des ravages sous prétexte que les sushis c'est diététique. quelle honte. il faut inciter la blogosphère à ne plus cuisiner de thon ou d'espèce en danger. merci

Écrit par : marie | 02/03/2009

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Mh De temps en temps il faut pouvoir aller contre sa nature profonde et faire abstraction de certains plaisirs pour le bien de la biodiversité. J'ose espérer que dans dix ans, on pourra encore se permettre de manger un morceau de thon rouge sauvage par an (même si celà devient plus chèr) sans risques pour la disparition de ce magnifique poisson. Mais pour celà il faut des mesures drastiques dès aujourd'hui. Que chaqu'un prenne ses responsabilités, moi, j'ai pris les miennes.

Écrit par : Mark | 02/03/2009

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Marie, La mode des sushis fait effectivement des ravages. Pourtant on peut parfaitement réaliser des sushis avec du maquereau par exemple. Il faut un changement de mentalités rapidement.

Écrit par : Mark | 02/03/2009

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Oui, c'est bien triste mais moi aussi, j'ai du faire une croix sur le thon rouge, alors que c'est si bon... Malheureusement je ne pense pas que nous serons assez nombreux pour y changer grand chose, mais ça vaut la peine d'essayer!

Écrit par : Clem | 02/03/2009

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Bravo Mark ,
Comme tu le sais , je suis tout à fait d'accord avec toi et je te l'ai déjà exposé .
Néanmoins , on peut se battre comme on veut , des Chefs comme Alain DUCASSE boycotteront la mise à la carte de ce bon poisson , mais derrière , des "Requins" se rempliront les poches ....
Je suis entièrement avec toi , je fais donc un lien sur mon blog .
Amitiés ,
Roland

Écrit par : Roland | 02/03/2009

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Mille fois d'accord de boycotter le thon rouge pour sa survie mais au risque de me faire détester, je pense qu'il faut aussi regarder où son les gros consommateurs et ce sont eux qu'il faut boycotter ! SI les plus gros consommateurs sont les restaurants à sushi (pour ne pas dire japonais) et bien que l'on tire à boulets rouges sur ces restaurants. Mais sincèrement, je ne me sens pas en défaut en manger 2 fois un steak de thon par an et surtout, je ne pense pas que si je ne le faisais pas, les chances de survie de cette espèce s'en verrait décuplées.

Je sais, je vais à l'encontre de tes idées et tu m'en vois désolé.

Mais croyez-bien que faire la guerre aux grands consommateurs, je réponds présents.

Écrit par : Philou | 02/03/2009

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Clem, Il ne suffit que quelques personnes pour faire tache d'encre. Mais, effectivement, celà ne sera pas pour demain. Mais quand je vois que certains grands restaurants et supermarchés le banissent déjà, c'est en bonne route.

Écrit par : Mark | 02/03/2009

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Merci Roland, Ce n'est peut être qu'une petite goutte d'eau, mais beaucoup de gouttes d'eau, celà fait des torrents.

Écrit par : Mark | 02/03/2009

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Philou, Ce n'est pas grave. On ne peut pas être d'accord sur tout. Je suis tout à fait de ton avis en ce qui concerne les bars à sushis. Mais si tout le monde supprime les deux steaks de thon par an, celà fait aussi un nombre très conséquent de thons qui ne se retrouvent pas dans les assiettes. Maintenant, est-ce-que le thon que l'on achète chez le poissonier ou chez Carrefour, est-ce bien du thon sauvage ou est-ce du thon d'élevage? Celà manque cruelement de précision le plus souvent. Si c'est du thon d'élevage, je n'ai pas de problème avec, mais il faudrait que celà soit précisé avec certitude.
Je trouve néanmoins, que comme nous avons un blog de cuisine et que par ce fait nous avons une 'certaine' influence sur les gens qui viennent nous lire, il est important d'informer et parfois de montrer l'exemple. Mais pas de problème si certains ne me suivent pas dans ce petit combat, car je suis certain que personne n'est ni noir ni blanc et que nous ne pouvons pas tous se battre pour tous les combats. A chaqu'un de voir ce qu'il fait, j'essaye juste d'informer et de donner mon avis personnel.

Écrit par : Mark | 02/03/2009

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Mémoires de ma table Moi aussi, je ne mange plus de thon rouge et pourtant j'adore le tartare de thon (la seule recette de thon rouge sur mon blog)et mes sushis préférés sont ceux au thon. Depuis que j'ai pris conscience du problème, je culpabiliserais en en mangeant et ne pourrais plus l'apprécier comme avant...

Écrit par : Lydia | 04/03/2009

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Lydia, Moi aussi je culpabiliserai en en mangeant. Même si mon ingestion de thon rouge n'était que minime par rapport aux tonnes mangées sur une année dans le monde, je me sens responsable de ce désastre. Et même si je ne suis pas du tout fan des élevages de poissons, je n'en mangerai plus que si je suis 100% certain qu'il s'agit de thon rouge d'élevage. Même si ce n'est pas la sollution idéale.

Écrit par : Mark | 05/03/2009

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