06/04/2009

Des fraises en mars, c'est une farce!!!!!

Comme je suis un grand défenseur de la saisonalité en cuisine (je ne suis pas parfait, il m'arrive tout de même également de pêcher de temps en temps), je ne pouvais pas ne pas vous faire part de cet articile, publié par mes amis Anne et José sur leur blog http://lesjardinsdepomone.skynetblogs.be/. C'est un 100% copié-collé avec leur autorisation. Mais comme il faut absolument faire passer ce message au plus grand nombre.....

Donc, attendez un peu pour les fraises, ayez patience. Si vous voulez en avoir en mars, achetez les au bon moment et surgelez-les pour vous faire des coulis.

Et si demain vous voulez ne plus trouver du tout de bonnes fraises Belges et Françaises sur les étals en pleine saison, continuez à pousser la fraise Espagnole comme vous le faites! Pensez-y et favorisez la production locale!

Les fraises avant Pâques ?!?!?! Non merci ! Pas le coeur ...

 

Les "mers de plastic" d'Almeria, Huelva et autres sites de culture du genre illustrent la tendance dominante d'une agriculture où la recherche du profit financier justifie à peu près tout. Ce modèle de production aux nuisances multiformes n'est pas l'apanage de la seule Espagne, loin s'en faut. Mais dans ce pays, une classe d'agriculteurs que la cupidité pousse à l'inconscience, sévit notamment dans le domaine des tomates ... et des FRAISES.

C'est notre vieil ami Pierre - le sympathique jardinier barbu de Lamijardin  - qui vient de nous rappeler très à propos cette information qui peut déranger. Mais bon sang, combattons au moins solidairement l'ignorance des consommateurs !

Je vous reproduis ci-après un article vieux de presque deux ans déjà, issu de la plume (ou plutôt du clavier!) de Claude-Marie Vadrot. Il n'a rien perdu de son actualité, au contraire ...

Fraises espagnoles/ scandale écologique

Très instructif !


" D'ici à la mi‐juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates...


Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1.500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16.000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi‐totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.


Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF‐France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.
Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

Fraise culture Espagne


Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

 

 

 

Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d'oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans‐papiers sous‐payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver.

 


Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau. Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.  ... Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respiré ...


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La production et l'exportation de la fraise espagnole, - l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril - représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises... "

PAR Claude‐Marie Vadrot
> > in  Politis jeudi 12 avril 2007
> > NB : N'hésitez pas à faire connaître ceci à vos amies et amis...

Bonne Journée,

 

Mer de plactic

Pesticides - Espagne

08:29 Écrit par Mark | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Je soutiens à 100 % cet article ; ce qui m'étonne c'est que j'ai vu cette semaine sur les étals près de chez moi de la fraise production locale ! Moi, dans mon jardin, elle ne sortira pas avant quelques semaines.

Écrit par : Marie-France | 06/04/2009

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Marie-France, Les fraises de production locale tu as trouvé, se sont des fraises cultivés sous serre à l'eau. En Belgique il y en a déjà également. Mais pour les bonnes, il faut attendre encore. Début mai celà devrait être bon. Bises

Écrit par : Mark | 06/04/2009

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bravo pour cet article très instructif. c'est encore pire que ce que j'imaginais. Achetons local et mangeons de saison.

Écrit par : marie | 10/04/2009

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Marie, La réalité dépassait pour moi également ce que j'en savais. C'est ahurissant. Je REFUSE de manger des fraises hors saison. Et pourtant je les attends avec impatience les bonnes fraises belges et françaises.

Écrit par : Mark | 10/04/2009

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Superbe article ! Arrêtons d'être des moutons et de suivre le dictat des grandes surfaces qui nous obligent via leur marketing à manger des produits hors saison !

Écrit par : Philou | 12/04/2009

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Philou, Je me suis encore une fois freiné ce matin au marché. J'en avais envie pourtant, mais j'ai tenu bon. Mais quand ils seront là, je vais faire une overdose.

Écrit par : Mark | 12/04/2009

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