01/06/2014

Restaurant 'Les Brigittines' : première visite

RESTAURANT 'LES BRIGITTINES' : PREMIERE VISITE

J'avais en ma posession un bon des Maîtres Cuisiniers de Belgique d'une valeur de 75€ et nous devions l'utiliser avant fin juin. Plusque temps donc de choisir le restaurant et de réserver.

Je feuillette le petit livret qui accompagne mon bon et j'hésites entre quelques maisons Bruxelloises. Après avoir peser le pour et le contre de chaque restaurant, après avoir eu des echos des uns et des autres, nous optons pour 'Le Brigittines' et son chef, Dirk Myny.

Son restaurant est situé sur la Place de la Chapelle, juste en face de l'église, dans le quartier de la rue haute donc. Au centre du vieux bruxelles donc.

Dès que l'on pénètre dans les lieux, on est pris d'émotion, d'émerveillement. Un intérieur tout en boiseries, en formes Art Nouveau, un comptoir de ouf, on se croit dans une autre époque. Magnifique, quel bonheur que ce type d'intérieurs soit préserver encore aujourd'hui.

Deuxième chose que l'on voit, une fois assis: le chef. Un chef qui glisse entre les clients, qui effectue sa danse et passe de l'un à l'autre dans un joli ballet de passioné. Un chef qui restera la moitié du service en salle (ce n'est pas commun) afin de s'assurer que tout le monde est heureux, que tout le monde ait eu les bons conseils et que sa démarche de cuisinier soit comprise. Choquant, un chef en salle au lieu d'être devant ses fourneaux. Dans ce cas si, pas vraiment non. La plupart des recettes emblématiques sur sa carte, sont à 95% réalisées à l'avance: croquettes de crevettes, joue de veau braisée à la Kriek, pied de porc, zennepot, ... Il n'est donc pas nécessaire pour lui de rester tout le temps en cuisine. Ce restaurant-brasserie a en outre une carte qui ne bouge pas beaucoup. Il y a certes des propositions saisonnières comme en ce moment les asperges à la flamande, mais le gros de la carte est récurent et donc fortement maitrisé par l'équipe qui seconde le chef en cuisine.

J'ai bien aimé la façon dont le chef était présent en salle. Ce n'était pas une recherche de gloriole ou de compliments (la preuve, nous ne l'avons pas revu en fin de repas), il y avait surtout une envie de partager sa passion et ses créations, une recherche de connivence et de bien-être des clients. Après une vingtaine de minutes en ce lieu et vous vous sentez comme chez vous, attablé chez des amis.

Le chef est ce qu'on appelle chez nous, un 'toffe pee', il a beaucoup d'humour et fait sourire et rigoler les convives de toutes les nationalitées (car il y a pas mal de touristes qui connaissent le chemin vers le restaurant). Un beau trillinguisme aussi de sa part.

Le chef vient vers notre table pour connaître notre choix pour le repas. Je lui remet mon bon et il retourne le bon dans tous les sens car il n'en a jamais vu. Il me demande après quelques instants si je suis aussi Chef. Je lui dis que non mais je lui explique que j'avais gagné le St Hubert en 2013 et que j'avais ainsi reçu différents bons.

Il nous propose alors de ne pas prendre le menu, mais d'absolument tester ses spécialitées. "Prenez quelques entrées et quelques plats, je diminue alors la portion en deux (qu'il disait) et aussi le prix, ainsi vous pouvez goûter un maximum de choses différentes et typiques de la maison". On se lance donc tous les deux pour un zennepot, des pieds de porc, des trippes et des joues de veau à la Kriek. On ne pouvait pas faire un choix plus en phase avec cette maison et la cuisine du chef qui se veut franco-belge cannaille et généreuse (en quantité et en goût).

Après un apéro traditionnel (sherry sec blanc pour moi, pineau des charentes pour elle), accompagné de quelques olives vertes, et le choix du vin (toujours très difficile pour nous quand on est à deux, car Sabine ne boît pas beaucoup de vin) (Saint-Nicolas de Bourgeuil), arrive la première assiette, le zennepot. Avant que l'assiette n'arrive, je m'attendais à un truc assez grossier avec des morceaux, mais je suis agréablement surpris par le visuel auquel je ne m'attendais pas. Le zennepot est une création du chef, composé de différents éléments classiques de l'histoire gastronomique du vrai brusseleir: la bloedpanch, le bullot, la saucisse sèche, le chou, la gueuze Cantillon. Un plat qui gustativement est le cousin de la choucroute mais avec des accènts différents.  Il est servi avec un verre de très bon Muscadet, Gros Plan (Gros Pet de chez Guy Brossard). Ce plat est un festival en bouche, on pousse des 'oh' et des 'ah' jouissifs à chaque bouchée. Ce plat mérite une meilleure renommée qu'il n'a, c'est un truc de dingue. Maitrise totale au niveau de l'assaisonnement. On racle l'assiette avec le pain, il n'en reste pas une goutte.

 

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Deuxième entrée: pieds de porc en souvenir de saint chinian, un pied de porc bien cuit et fondant, dans un jus de cuisson légèrement lié avec des câpres, des oeufs durs et des cornichons. Un peu de tomate aussi pour apporter de la fraicheur. C'est bon, d'une exécution impécable, on racle encore avec le pain, on ne laisse que des os. Terriblement bon.

 

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Entretemps nous voyons ce que reçoivent les tables à gauche et à droite de la nôtre et tout donne envie: carottes de Créances, coriandre, épices d'Inde, sabayon à l'orange, crevettes grises épluchées à la main / petite casserole de couteaux normands.

Premier plat : trippes à la mode de Caen au safran de Normandie. Première fois en ce qui nous concerne, une certaine apréhension qui sera vite dissipée par les explications détaillées du chef et donc l'assurance d'une connaissance au service du goût. Il nous explique qu'il reçoit le produit brut, qu'il dégorge plusieures fois les différents morceaux (la panse, la gouttière oesophagienne, le bonnet, le feuillet et la caillette) et qu'après il cuit pendant 11 à 12 heures dans un bon fond et qu'après il termine la sauce. On aime bien, mais on préfère les deux entrées. On racle tout de même à nouveau les assiettes, on termine tout. Content d'avoir tenter le coup et content aussi de mourir un peu moins bête.

 

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Deuxième plat : joues de veau braisées pendant quatres heures dans la Kriek Cantillon. Je l'attendais ce plat, j'adore ça, mais..... un peu déçu personellement. A mon goût personnel, la joue était trop braisée, il y avait un manque de mâche. Le jus de cuisson était aussi trop acre, trop serré, trop fort quoi, je n'ai pas retrouvé du tout le goût typique de la Kriek dans la sauce. Après, pour moi la viande manquait d'assaisonnement. Elle avait pourtant été cuite dans cette bière mais n'avait à l'intérieur quasiment pas d'assaisonnement. Sur ce plat j'étais un peu déçu. Aussi déçu par les accompagnement sur assiette: un chicon hors saison et assez déséquillibré en amertume, des légumes racines. Un rien hors saison pour les garnitures donc. Celà reste bon, mais on baisse d'un cran.

 

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Le dessert, surprise du chef (nous n'avions rien choisis) : carpaccio d'ananas à la menthe,et au poivre rose. Très bon dessert, bien frais, pas trop sucré et surtout qui a beaucoup plu a Sabine, qui déteste d'habitude l'ananas. Joli final avant le café donc.

 

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L'addition est aussi joussive que la cuisine de Dirk Myny, qualité-prix (car il y a du travail sur les différentes recettes 100% maison) incroyable: 141,5€ pour deux (moins le bon de 75€, ce qui ne gâche rien), 141,5€ pour 2 personnes avec apéro, 2 entrées, 2 plats, 1 dessert, 1 bouteille de vin de 28,75€ (très belle carte de vins soi-dit en passant), 1/2 bouteille d'eau et 1 café.

On retournera certainement pour remanger un zennepot, tester les croquettes de crevettes grises, les carottes de Créances ou bien tenter la mosaïque de cochon de lait et son jus de cuisson lié à l'huile d'olive, le tartare, la bisque, le pigeon et petits pois à la française ou pourquoi pas le vol-au-vent tradi avec quenelles, crêtes de coq et ris de veau, sans oublier le steak bearnaise.... Pas mal de bonnes choses à découvrir, j'en suis certain.

Bravo a ce chef qui se donne à fond pour nos palais, belle découverte cette semaine (il était temps que je le découvre tout de même).

Bonne Journée!

 

 

09:44 Écrit par Mark | Lien permanent | Commentaires (0)

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